Le village enserre la rivière d’Yonne, ses deux moulins d’origine médiévale et leurs biefs, ainsi que le Canal du Nivernais mis en service au début du XIX éme siècle.
Cette situation lui confère son caractère particulier, de tous temps associé au ‘’chemin d’eau’’ de la rivière, et à la navigation de plaisance, au canoë, à la pêche, la baignade ou la simple promenade.
Après avoir été l’axe direct de son développement économique, l’eau est donc devenue l’atout touristique majeur, d’autant plus que ce site privilégié s’adosse aux coteaux adjacents ‘’Les Coûtas’’ anciennement couverts de vignes disparues dans la première moitié du XXème siècle.
Ces coûtas offrent de superbes panoramas à partir des sentiers prenant leur origine dans le centre du village. (Anciens sentiers des vignerons).
Ils comportent un site Natura 2000, retenu par l’Europe, du fait de ses pelouses sèches à flore exceptionnelle, lesquelles sont souvent enfermées dans un réseau de mur de pierres sèches (parfois énormes) et cabanes : les ‘’Mergers’ ’témoins d’un passé s’étalant sur plus de 2000 ans et ayant, là et heureusement, échappé aux engins de l’agriculture industrialisée.
Les trois piliers qui ont déterminé le passé et l’état actuel de Mailly sont donc :
- La voie fluviale de pénétration de transport et d’énergie, à deux kilomètres de la voie romaine dite d’Agrippa, alors axe majeur du monde romain (au même titre que l’A6 d’aujourd’hui) ayant facilité les implantations de plusieurs établissements romains, dont la grande VILLA découverte vers 1980 probablement à l’origine du qualificatif du village.
- Les carrières de pierre de taille et moellons exploitées de cette époque antique au début du XXème siècle.
- Le vignoble également très ancien, dont les vins et les bois (communaux de 350 hectares) prenaient le chemin de la rivière, puis le canal et finalement du rail, avant la route en direction d’Auxerre, Sens et Paris.
La population a toujours suivi les mêmes voies ; mariniers et flotteurs de bois, carriers et tailleurs de pierre, main d’œuvre saisonnière pour les maraîchers parisiens ou les moissons de la Brie, quand la vigne n’imposait pas les travaux de force.
Mailly sur l’axe de passage mais aussi en zone frontière entre Eduens et autres Gaulois, entre Bourguignons, Nivernais et Français, subissant aussi les incursions des Normands, les luttes entre Papistes et Huguenots, malgré les destructions successives, en a conservé des remparts et fossés sur les hauteurs, des traces de fortifications et un chemin de ronde d’un faubourg appelé "le Tonneau" dévolu aux protestants en 1570.
A noter aussi :
- Le château de la ‘’Cour des Mailly’’ fief donnant accès aux Etats de Bourgogne.
- Le souvenir du nom et quelques ruines, au Bouchet ‘’Gouverneur’’, d’un château dominant la vallée (détruit en 1830). De même pour le lazaret du Bouchet ‘’Lazare’’
- Le pont reconstruit en 1840 après 200 ans d’impraticabilité du précédent ouvrage.
- La Voie romaine en limite Est du finage, se signale encore par l’ampleur de son emprise et de ses remblais.
- Le chemin de fer et sa gare à 2 heures 15 mn de Paris date de 1870.
- La nef de l’Eglise déclarée vétuste par l’évêché en 1863, a été démolie et reconstruite en 1875. Le clocher datant du XIVème siècle a été rehaussé de 4 mètres au XIX éme siècle, et l’ancien presbytère typique du XVIIIéme siècle date de 1777.
Le hameau d’Avigny, possède une chapelle datant de 1863, remplaçant l’ancienne chapelle romane (dont on voit encore quelques baies) dédiée à Saint Marc, bâtie sur une nécropole mérovingienne truffée de sarcophages.
Une des carrières antiques est située à moins de 500 mètres à l’orée de la forêt communale.
Entre Avigny et les Avillons, les 350 hectares de forêt, source de richesse passée et sûrement future, disputée entre Commune et Royauté pendant plus de deux siècles comportent, outre les carrières antiques de sarcophages, des nécropoles de l’age de fer (plusieurs centaines de tumuli sur l’ensemble du massif forestier dont beaucoup ont été fouillés au XIXème siècle.)
La partie de l’ancien vignoble non remembré, sous sa forme actuelle de pelouses sèches ou de taillis de chênes rabougris, est quadrillée par les clos de murs et fossés.
Certains de ces mergers, ordonnés, atteignent couramment plus de 5 mètres de hauteur. Ils abritent flore et faune particulière, souvent à caractère méridional, tout en témoignant du labeur de nos ancêtres pour épierrer et protéger vignes, bêtes et gens dans les périodes d’insécurité !
Mailly la Ville, sœur de Mailly Le Château ou résidaient les seigneurs des deux bourgs est dédiée au même Saint Adrien.
Elles s'honorent de figurer en bonne place, sur le parcours des photographes, auprès de Vézelay éloignée de moins de 18 km par sa route historique.
J.C.Rocher.
Sources : Abbé LEBEUF 1720, Abbé de COURTEPEE 1785, Max QUANTIN 1868, Léon FOIN 1899, MM. POULAIN, DOUSSON, CARRE 1950, DELOR, NOUVEL 1980 et 2005.
Recherches et synthèse JC ROCHER 2008